LE PROJET

Quelques chiffres:

En été 2016, une enquête de terrain a été menée par l’équipe Kibili afin d’étudier la faisabilité de l’implantation d’une usine de transformation d’avocats en huile. Cette étude a permis de constater l’immense potentiel fruitier de ces villages. La production d’avocat est de plus de 5'000 tonnes annuelles, répartie entre les 5 villages regroupant plus de 700 familles productrices. Cette étude a montré que les pertes d'avocats pouvaient atteindre plus de 1'000 tonnes par année.

L’objectif est d’absorber une partie de ces pertes par la transformation du fruit en huile, avant que les avocats ne se gâchent, et de les acheter à un prix stable et équitable qui permettra aux familles productrices d’augmenter le revenu tirer de l’avocat d’environ 20 à 40%.

 

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Pourquoi transformer les fruits ?

La production d’avocats est importante en Guinée, mais les pertes peuvent atteindre jusqu’à 40% de la production durant le pic en raison de l’enclavement et du périssement rapide des fruits. Kibili apporte la réponse à ce problème par la valorisation de ces aliments périssables grâce à leur transformation en huile. Cette dernière ne nécessite pas d’augmentation de la production puisqu’elle travaille sur l’optimisation des ressources existantes. Cela contribue à l'augmentation des revenus des producteurs en agissant directement sur la valorisation des avocats qui sont déjà produits.

 

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Comment ?

Le défi technique de Kibili a été de trouver un processus d’extraction qui soit adapté à la région, appropriable par les populations locales et dont la maintenance et les réparations ne posent pas de difficultés. Il existe aujourd’hui des processus d’extraction d’huile d’avocat mais à des échelles industrielle qui nécessitent de grandes ressources en eau et en électricité, alors que Kibili vise une production semi-industrielle, complémentaire au marché local du fruit frais.

En juin 2017, grâce à la collaboration de Deni Pietri, producteur d’huile d’olives dans le sud de la France, et de Jean-Christophe Arnaudeau, technicien chez Alpha Laval, un procédé d’extraction en deux phases a été testé. Ces tests ont permis de valider le principe d'extraction en "2 phases", peu utilisée dans le domaine de l'huile d'avocat mais qui permet d’utiliser un minimum d'eau dans le processus d'extraction. Ce type d'extraction est donc adapté à la réalité du contexte local et correspond de plus à une exigence de haute qualité pour le produit fini, car il fonctionne sans ajout d’eau à la pâte et permet ainsi de conserver tous les arômes dans l’huile.

L’unité de transformation, qui permettra le stockage, le conditionnement et la transformation des fruits, sera dans un premier temps installée en plaine, au pied des montagnes, pour l’année pilote qui permettra d’ajuster au mieux la méthode afin d'obtenir la qualité demandée par les acheteurs. Après cette première période, l’unité sera installée au plus prêt des plantation d’avocats pour toucher le plus directement les populations concernées par le projet.

 

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Avec qui ?

Le projet est né en 2013 de la rencontre entre Clea Rupp, directrice d’Enfants des collines et qui travaillait à cette époque avec l’agence des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation, et l’Union des producteurs des montagnes de Samaya Guyafere.

Depuis, l’équipe Kibili s’est agrandie afin de trouver les compétences manquantes et collabore étroitement avec l’Union des producteurs de Samaya qui réunit une grande partie des producteurs de la région d'implantation de Kibili. Ils fourniront les avocats qui seront transformés et seront les premiers à bénéficier, avec leurs familles, des infrastructures et des revenus apportés par le projet.

Les producteurs-trices vivant dans les montagnes étant très enclavé-es, l’équipe européenne de Kibili travaille en étroite collaboration tout au long de l'année avec Nassirou Sankhon, représentant du projet Kibili en Guinée, et avec le Centre de Recherche Agronomique de Foulaya (CRAF) qui met à disposition son savoir technique, ses équipements et ses ressources humaines pour la réussite du projet.

 

 

 

Déroulé du projet

 
 

Phase 1 – Phase pilote – Septembre 2017 à Septembre 2018

Durant les trois dernières années, des recherches sur toute la chaîne de valeur de l’avocat ont été réalisées. Elles ont débutées par l'étude de la production des avocats dans la chaîne de montagnes en Guinée, et se sont poursuivies sur la méthode d’extraction de l'huile et sur les besoins en eau et énergie selon les différentes techniques d'extraction. Nous avons ensuite chercher à connaître le marché international de l'huile d'avocat pour définir un business plan précis nous permettant de nous projeter sur les prochaines années.

La réalisation de la phase pilote qui nous permettra de lancer la production d'huile d'avocat se découpe en quatre périodes distinctes:

  • Septembre à décembre 2017 : recherche de partenaires financiers pour l’achat et l’envoi des équipements en Guinée
  • Janvier à mars 2018 : achats et installation des équipements en Guinée, au centre de recherche agronomique de Foulaya.
  • Avril à juin 2018 : production d’huile, ajustement pour une optimisation du rendement et de la qualité. Expérimentation sur plusieurs variétés d’avocats et sur différents niveaux de maturité du fruit.
  • Juillet à décembre 2018 : validation de la qualité de l’huile de Kibili, signature de contrat de vente et nouvelle recherche de fonds pour la construction du bâtiment final.

A court terme, notre approche du marché est de vendre en grandes quantités notre produit brut à des entreprises cosmétiques et alimentaires ou directement à des grossistes. L’idée est de pouvoir facilement écouler la production dans un premier temps, et de développer progressivement une gamme de produit en vente plus directe auprès du consommateur.

 
 

Phase 2 – Lancement – Octobre 2018 à décembre 2019

La deuxième phase verra la construction du bâtiment sur le site final et un premier investissement dans les énergies renouvelables. L’objectif de cette phase est d’obtenir une huile stable, de haute qualité et répondant aux critères des industries alimentaire et cosmétique.

Au terme de cette phase, ce sont environ 300 tonnes d’avocats que devra être capable d’absorber l’unité de transformation, produisant 30'000 litres d’huile sur une année. Les fruits seront achetés à environ 140 familles productrices, visant une augmentation du revenu de 20 jusqu’à 60%.

L' approche commerciale à moyen terme visera un rapprochement des consommateurs en proposant nos huiles via des distributeurs spécialisés ou alors directement via un site internet de vente en ligne dédié. Le conditionnement des produits sera effectué en Europe en partenariat avec un sous-traitant.

 

 
 

Phase 3 – Création de la marque Kibili

Au terme de cette phase, ce sont 700 tonnes d’avocats que l’unité transformera soit environ 50% des avocats qui se perdent aujourd’hui. Nous visons une production de 80'000 litres qui permettra de toucher environ 250 familles productrices à travers une augmentation du revenu ainsi que toutes les familles de la région grâce au réinvestissement des bénéfices dans des projets communautaires.

La stratégie sur le long terme sera définie selon la demande mais nous chercherons clairement à nous positionner sur un produit de qualité, bio et de commerce équitable afin de créer un lien direct entre les producteurs d’avocats et les consommateurs d’huile. Cette façon de faire permettra de sensibiliser les personnes à l’importance du mode de production et s’inscrit en plus parfaitement dans les tendances actuelles qui n’iront qu’en s’accentuant dans les années à venir. 

 

 

 

 

Les piliers du projet

 

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Une technique adaptée

Nos recherches ont prouvé que les machines normalement utilisée pour l’huile d’olive pouvaient être adapté pour l'extraction d’huile d’avocat. Leur emploi permettra une consommation raisonnable en énergie et en eau et une production d’huile à échelle humaine. Ce mode de production a aussi été choisi pour ses faibles coûts de maintenance et pour la possibilité d’approvisionnement en pièce de rechange.

 

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Une entreprise sociale

A travers la mise en place d’une entreprise sociale et solidaire, des protocoles novateurs de décisions collectives pourront être pensés et institués en tenant compte du contexte culturel. Cette forme d’organisation novatrice permettra de repenser les procédés redistributifs de l’entreprise privée afin qu’ils profitent à l’ensemble de la communauté en améliorant grandement le cadre de vie des villages concernés.

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Un commerce équitable

La commercialisation des produits sera pensée selon les préceptes du commerce équitable, éliminant une partie du risque porté par les producteurs grâce à des contrats stables et à des prix d’achat équitables. L’association Suisse sera en charge de l’exportation et de la commercialisation de l’huile.