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11 à la maison

L’équipe des 8 étudiants de l’ISTOM, les « BEES », nous ont rejoint à Kindia.
Une semaine studieuse a précédé leur départ sur le terrain.

L’occasion de peaufiner la méthodologie de l’étude agraire tous ensemble, grâce au renfort des guides/traducteurs recrutés pour les accompagner durant leur mission. 
Au menu : sessions de travail en petits groupes puis tous ensemble, formation agraire sur les sols de la région et les différents types d avocatiers (dispensés par les agronomes du CRAF), visite du marché et conseils des accompagnateurs sur la manière d’aborder le monde rural guinéen.

Fin prêts pour le départ, après une semaine de vie à 11 dans notre quartier général transformé en colonie de vacances, seule notre cheffe de projet manquait à l’appel, malheureusement victime d une crise de palu qui l’a conduite à passer deux jours à la clinique. Mais on vous rassure tout de suite, elle est sur pieds et en pleine forme à l’heure où on vous écrit.
Si cette absence était bien évidemment très frustrante pour Clea au moment du vrai lancement du projet Kibili dans les montagnes, ce fut aussi l’occasion de confirmer que l’équipe est maintenant solide et complète, Bastian la suppléant parfaitement pour organiser et diriger cette journée.  
Nous avons donc déposé les trios franco-guinéens dans les villages : Coline/Mohamed/Antoine à Sorondo, Amandine/Amath/Timothée à Fanyetta, Lisa/Saïdou/Pierre et Elsa/Nassirou/Ilia à Khonia, avant de rentrer en deux cortèges, Alex partant devant pour s’enquérir de l’état de notre petite paludique, sous d’impressionnants orages de montagne.

Les BEES passeront une vingtaine de jours dans les villages pour effectuer la première partie de l’étude agraire, et nous leur rendrons visite régulièrement pour suivre leurs enquêtes.

Mais venons-en maintenant au point culminant de notre semaine. Il y a eu l’affaire Dreyfus, l’affaire de la sextape, l’affaire DSK (dans le désordre et sans lien de sens), il y aura désormais « L’affaire du vol de Damakania chez les Blancs », telle qu’elle fut nommée par la gendarmerie de Kindia. Un moment d’inattention et ce sont deux de nos ordinateurs, un téléphone, un modem et un pied de caméra qui disparaissaient. Rageant, très handicapant pour le travail, mais après les inquiétudes pour la santé de Clea on arrive à se dire que ce ne sont que des biens matériels et que ce n’est pas si grave.
Et surtout, l’enquête en cours est une source toujours renouvelée de fous rires pour l’équipe
(attention, tout ce qui suit est véridique et extrait du procès verbal de l’interrogatoire de notre gardien, Abacar) :

Le gendarme : Monsieur Abacar, combien de Blancs résidaient dans la maison de Damakania?
Abacar: 11
Le gendarme : Si 8 Blancs sont partis dans la montagne à Samaya, et que vous avez croisé 3 Blancs à la sortie de la maison le soir du vol, combien restait-il de Blancs dans la maison au moment du vol?
Abacar : Il n’y avait plus d’Européen dans la maison.
Le gendarme : Et quelles sont vos conclusions ?
Abacar : Les Blancs ont beaucoup d’amis noirs qui viennent leur rendre visite. Je pense qu’un de ces amis est le coupable. »

Nos amis, parlons-en. Tous à nos côtés pour nous aider à retrouver nos affaires, à retourner tout le quartier, à contacter tous les revendeurs de Kindia, toutes les autorités étatiques et traditionnelles. On ne sait pas si ça va nous aider, mais sincèrement ça fait chaud au coeur et on se sent vraiment bien entourés ici.

A très bientôt pour d’autres nouvelles !!

L’équipe Kibili