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Kibili enfin sur son terrain

Trois ans, trois longues années déjà depuis la promesse de Clea aux villageois des montagnes de Samaya de revenir et de les aider à valoriser leurs avocats.

Trois années de séparation et d’éloignement, pendant lesquels Clea puis toute son équipe ont travaillé d’arrache-pied pour donner naissance au projet Kibili et tenté d’honorer cette promesse. Promesse entretenue par les relais de l’équipe Kibili en Guinée, Mouhamadou Dian Diallo et Alassane Camara, qui ont effectué des missions régulières sur le terrain pour assurer aux villageois que les Fotés (« Blancs » en Soussou, la langue locale) allaient revenir et mettre en place un projet avec et pour eux.

Donc accompagné d’Alassane, mais aussi d’Abou Camara de l’ONG APEK, nouvelle partenaire du projet, on est partis à l’assaut de ces villages. Et on ne vous a pas menti en parlant d’enclavement, tant la route pour y accéder est délabrée, praticable uniquement en pick-up ou avec d’énormes camions tout-terrain. Mélange de pistes, de chemins rocailleux, et de passages qui n’ont de route que le nom. Mais le jeu en vaut la chandelle, les paysages qui se succèdent sont plus sublimes les uns que les autres, ouvertures sur des panoramas qui s’étendent à l’horizon, mais aussi forêts de manguiers et d’avocatiers. Après plus d’une heure de montée, le premier village : Sorondo. Puis Fanyetta, Khonia, Maléa, Kondetta, nous nous arrêtons dans les cinq villages qui regroupent le plus de plantations d’avocats.
Les montagnes de Samaya sont composées d’une dizaine de villages, tous entourés de plusieurs hameaux, pour une population d’environ 5000 âmes, dispersées sur près de 40 km de route. Il faut plus de 3h pour les parcourir.

L’accueil dans les villages est à la mesure de nos espérances, et l’occasion de constater l’intérêt sincère et enthousiaste des producteurs pour le projet.
À Khonia, la présidente de l’Union des producteurs des montagnes et les femmes du villages nous attendent depuis le matin et nous accueillent au chant d’ « Alassane c’est pas des mots, c’est des actes » La promesse qu’il a réitérée n’est pas tombée dans l’oreille de sourdes, oui les Fotés sont là et bien là, et, on l’avoue, ça fout un peu la pression de se sentir aussi attendus.

Et en même temps, les discussions nous montrent qu’on n’est pas dans le faux, les besoins sont là, la route, l’enclavement, les pertes, la richesse en terme de ressources, les échanges sont un argumentaire sur le bien-fondé du projet. Mais il y a tant à faire. Ça tombe bien, on est là pour ça. Dans chacun des villages, on prépare la venue des étudiants de l’Istom qui feront le diagnostique agraire en juin et juillet. Les chefs de villages, accompagnés des anciens, nous énumèrent sans hésitation et de tête l’intégralité des producteurs de leurs districts, à la manière d’encyclopédies participatives. Tous nous font part de leur sincère plaisir d’accueillir les étudiants. Et après une nuit et un réveil magnifiques à Khonia, on en serait presque jaloux de ne pas être nous aussi dans ces villages pour deux mois.

Mais il y a tant à faire pour préparer l’étude agraire, l’étude de filière, mettre en place des partenariats institutionnels, réceptionner la presse qu’on a commandée à un artisan local, effectuer les essais techniques d’extraction d’huile sur place avec les différentes variétés de la région, recruter les traducteurs pour l’étude et finaliser la constitution de l’équipe guinéenne de Kibili qui fera le lien jusqu’ à notre prochaine venue, qu’on ne sait plus ou donner de la tête. En espérant trouver un moment au milieu de ce programme surchargé pour s’adonner à nos petits plaisirs locaux, les apéros et les dance-floors surchauffés au son de l’afro-beat. Et, bien sûr, continuer à vous raconter notre quotidien et les avancées de ce projet qui existe grâce à votre soutien, grâce à vous à qui on pense très fort dans ces moments si précieux.

On vous embrasse et comme on dit ici, Wontanara ! On est ensemble !

L’équipe Kibili.