LE PROJET

Le Projet Kibili a pour objectif de lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire dans la région des montagnes de Kibili en Guinée. A travers la valorisation des pertes post-récoltes de l’avocat, par sa transformation en huile et grâce à l’amélioration des circuits commerciaux, ce sont près de 800 personnes qui profiteront directement de ce projet de développement.

 

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Pourquoi ?

La production d’avocats est importante en Guinée, mais plus de la moitié des récoltes est perdue en raison du manque d’infrastructures. Le Projet Kibili apporte la réponse à ce problème par la valorisation de ces aliments périssables grâce à leur transformation en huile. Cette dernière ne nécessite pas d’augmentation de la production puisqu’elle travaille sur l’optimisation des ressources existantes. Cela contribue à l'augmentation des revenus des producteurs en agissant directement sur la valorisation des avocats qui sont déjà produits.

 

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Comment ?

Le défi technique du Projet Kibili, c’est de créer un procédé d’extraction d’huile artisanal, à froid, basé sur des énergies renouvelables. Ce système est innovant puisque la majorité de l’huile produite sur le marché mondial est extraite à chaud et de façon industrielle pour réduire les coûts de production. L’unité de transformation pourra être installée dans les montagnes de Kibili, afin d’en permettre l’utilisation directe par les producteurs de la région. Le résultat final sera l’amélioration de la qualité de vie de toute la communauté vivant dans ces montagnes.

 

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Avec qui ?

Un tel projet ne peut se faire sans partenaires. Les trois principaux acteurs sont ici Enfants des collines, le CIRAD et l’Union des producteurs de Samaya Guyafere. Enfants des collines est l’association initiatrice du projet. Dirigée par Clea Rupp, cette ONG est présente depuis dix ans au Bénin dans des projets d’aide au développement. Forte de cette expérience dans les zones rurales du Bénin, l’organisation se propose avec ce projet d’élargir son rayon d’action à la Guinée. Le CIRAD (organisme français de recherche agronomique et de coopération internationale pour le développement durable des régions tropicales et méditerranéennes), basé à Montpellier, a pour objectif de répondre aux enjeux internationaux de l’agriculture et du développement. Cet organisme s’occupe donc de la phase technique du projet, et de la recherche sur le procédé d'extraction qui sera mis en place sur le terrain. Enfin, l’Union des producteurs de Samaya réunit l’ensemble des producteurs de la région guinéenne visée. Ils fourniront les avocats transformés et seront les premiers à bénéficier, avec leurs familles, des innovations et des revenus apportés par le projet.

 

 

 

Déroulé du projet

Mise en place

La mise en place s’est faite de 2012 à 2015 en trois temps. Tout d’abord une recherche de terrain a été effectuée et a permis de se documenter sur la production fruitière dans les montagnes de Kibili. Des liens ont pu être noués avec les partenaires potentiels, ainsi qu’avec les autorités locales traditionnelles et institutionnelles, afin de les informer et de les intégrer au projet durant cette phase de recherche.
Deuxièmement, un partenariat de recherche a été établi avec le CIRAD début 2015 afin de trouver un mode d’extraction à froid adapté au contexte local guinéen.
En parallèle, des recherches commerciales au Kenya et au Mexique ont été réalisées en 2014 et 2015 pour obtenir des informations sur les différents modes de production d’huile au niveau mondial et plus précisément sur le commerce international de l’huile d’avocat.

 
 

Phase 1 – Phase pilote – Octobre à décembre 2015

Cette première phase rassemble les étapes essentielles à la mise en place du Projet Kibili 

  • Des essais techniques pour un processus d’extraction à froid de l’huile d’avocat ont été effectués au CIRAD. Il s’agira ensuite de confronter ce processus innovant aux conditions réelles du terrain guinéen, avec les avocats de Kibili et les ressources disponibles.
  • Des recherches sur l’économie sociale et solidaire (ESS) et ses applications au Projet Kibili sont sur le point d’aboutir. La théorie devra également être testée en fonction du contexte local et discutée avec les acteurs en présence.
  • Des partenariats locaux ont été établis avec des ONG locales et une liste des prestataires de service potentiels a été dressée. La mission de terrain permettra de lancer des appels d’offres pour le choix parmi ces derniers.
  • Une enquête est en cours quant aux débouchés commerciaux au niveau local et international, enquête que la mission de terrain permettra de préciser. Le commerce que nous envisageons se veut équitable et bio, répondant aux normes en vigueur dans le domaine.
  • Finalement, la durabilité étant au cœur du Projet Kibili, nous recherchons activement les différentes énergies renouvelables qu’il serait possible de mettre en place en Guinée, recherche qui sera encore une fois vérifiée avec la mission de terrain.
 
 

Phase 2 – Lancement – Janvier 2016 à mars 2017

On passe ici à la véritable concrétisation des tests et recherches effectués au préalable. Cette phase comprend la mise en place de l’unité de transformation, c'est à dire la construction à proprement parler du bâtiment et l’installation des machines. Tout va alors être mis en œuvre pour que l’unité puisse être autonome par la suite en termes de finance et de gestion : formation des producteurs aux critères de qualité des fruits, recrutement de l’équipe salariée, mise en place d’un climat de dialogue et de confiance entre les commerçants, les producteurs, les autorités politiques et traditionnelles et les différents acteurs du développement associés au projet.

Au terme de cette phase, ce sont 70 tonnes d’avocats que devra être capable d’absorber l’unité de transformation, produisant 5 tonnes d’huile sur une année. Selon nos calculs actuels, 20% de cette production sera écoulée sur le marché local à des prix moindres alors que 80% sera dédiée au commerce équitable international, dans l'agro-alimentaire et le cosmétique.

 
 

Phase 3 – Croissance et diversification – Avril 2017 à 2019

La deuxième année de production d’huile d’avocat (2018) devrait permettre d’atteindre la totalité des objectifs fixés en termes de rendement et de production, afin de toucher de façon directe les 800 personnes visées au début du projet. Pour ce faire, il s’agira d’augmenter progressivement la production d’huile et de travailler parallèlement sur les produits dérivés de l’huile comme le savon et d’autres produits cosmétiques ou culinaires afin de tendre vers l’autonomisation complète de la l’unité de transformation.

Cette phase permettra également de consolider les différents acquis en termes de structuration de l’Union des producteurs, d’amélioration de la filière de l’avocat, de finalisation de contrats de vente et de certification organique et de commerce équitable.

L’association Enfants des collines continuera à accompagner la structure de façon plus distante durant les deux années qui suivront la fin du projet, afin de se désengager progressivement. Le Projet Kibili se soldera par la création de la première entreprise sociale et solidaire d’Afrique de l’Ouest produisant de l’huile d’avocat.

 

 

 

Les innovations du projet

 

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Une innovation technique

Grâce à l’innovation technique apportée par le Projet Kibili en partenariat avec le CIRAD, l’extraction de l’huile d’avocat à froid sera adaptée à des contextes difficiles et se fera au moyen d’énergies renouvelables. Ainsi, les producteurs du Sud pourront avoir accès à la plus-value créée par la transformation de leur produit et diminueront drastiquement leurs pertes. Des solutions bon marché mais novatrices pour le stockage et le conditionnement des fruits seront également mises en œuvre.

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Une innovation organisationnelle

A travers la mise en place d’une entreprise sociale et solidaire, des protocoles novateurs de décisions collectives pourront être pensés et institués en tenant compte du contexte culturel. Cette forme d’organisation novatrice permettra de repenser les procédés redistributifs de l’entreprise privée afin qu’ils profitent à l’ensemble de la communauté en améliorant grandement le cadre de vie des villages concernés.

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Un commerce doublement équitable

La commercialisation des produits sera pensée selon les préceptes du commerce équitable, éliminant une partie du risque porté par les producteurs grâce à des contrats stables et à des prix d’achat équitables. La commercialisation sera organisée de sorte que les prix de vente élevés sur le marché européen contribuent à faire baisser le prix de vente sur le marché local. Ainsi, le produit final répondra au pouvoir d’achat des différentes populations.

Infographie

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